Etat d’urgence : BarakaCity donne la parole aux victimes

Par Ayah

Publié le 4 décembre 2015
Rubrique : Actualité

Face à l’état d’urgence instauré par le gouvernement, BarakaCity a mis ses compétences au service de la oumma. L’ONG a produit un documentaire qui donne la parole aux victimes. Un documentaire qui fait état de la situation à moins d’un mois de la décision de prolongation de l’état d’urgence.

Les témoignages

Dans ce documentaire, BarakaCity, eux-mêmes victime de nombreuses pressions, donne la parole à 3 personnes victimes d’une perquisition abusive. (vidéo en fin de section).

David, un jeune homme atteint de cécité

David, a entendu que sa porte se faisait casser. Pris de panique, il a été dans l’impossibilité de crier. Une fois la porte ouverte, les forces de l’ordre l’ont plaqué au sol et l’ont menotté. David n’a pas compris ce qui lui arrivait, pensant même que ces personnes venaient pour l’assassiner. Me Bolaky Samim, avocat de BarakaCity, a d’ailleurs dit que sa perquisition est la preuve “que nous sommes dans l’absence d’état de droit. Du fait de détruire sa maison gratuitement, alors que cette personne est inoffensive en tout état de cause”.

Une jeune femme

On lui a ordonné de se mettre à terre, les mains derrière le dos, pour ensuite être menottée. Elle s’est vu administrer un coup de pied sur le genou pour lui faire écarter les jambes. S’en sont suivi des palpations sur le corps, et un attouchement, réalisés par les forces de l’ordre.

Un entraîneur de Jujitsu Brésilien,

Celui-ci a été récompensé par l’État à qui il a rapporte des titres à travers les nombreux champions qu’il entraîne. Non présent au moment des faits, il est contacté par sa femme qui pensait que c’était des voleurs ou des meurtriers. En demandant qui se trouvait derrière la porte, elle se sent rassurée quand elle apprend qu’il s’agit de la police. Pourtant, la porte n’a pas résisté. Ils sont entrés, l’ont braqué, et ont retourné la maison. Avec un ton amusé, cet entraîneur dit d’ailleurs : “ça me fait rire, mais en même temps ça me fait peur. Parce que je me dis que s’ils viennent chercher des gens comme moi, c’est vraiment qu’ils sont à côté de la plaque”.

BarakaCity

L’ONG  a de son côté découvert un fourgon de police garé devant leurs locaux. Trois policiers attendaient dans le sas d’entrée. Sur le procès-verbal qui leur a été présenté, la décision du préfet est la suivante : “Considérant que l’association BarakaCity est connue pour être une organisation non gouvernementale islamique dont les membres musulmans fondamentalistes effectuent régulièrement dans le cadre de leur activité humanitaire des voyages en Syrie … Considérant le profil de l’association BarakaCity au sein de laquelle sont susceptibles d’être détenus des armes et des stupéfiants”. L’avocat de BarakaCity a dit à ce sujet : “C’est scandaleux et très grave. On a des accusations de drogues et d’armes, et des interventions sans chiens. On a des accusations de terrorisme, avec une perquisition qui dure une vingtaine de minutes sur un site de plus de 1 700 m². La disproportion nous montre que l’on est dans l’irraisonnable”.

Perquisitions douteuses

Force est de constater que non seulement la communauté est victime d’une injustice flagrante au vu des perquisitions qu’elle ne cesse de subir ; mais qu’en plus, ces perquisitions se déroulent dans beaucoup de violences et procédés douteux où des attouchements sexuels et des vols ont été recensés.

“Pourquoi des maisons sont perquisitionnées et pourquoi est-ce qu’on use autant de violence lors de ces perquisitions ? On sait très bien que ces perquisitions sont menées sur des informations qui sont soit fausses, soit tronquées. Et malheureusement, c’est plus une campagne de communication pour avoir une réponse disproportionnée vis-à-vis de la menace terroriste qu’on nous vend. Puisqu’un terroriste sachant qu’il y a des perquisitions ne va pas garder ses armes chez lui, ou dans son restaurant. Mais plutôt, ce sont les citoyens de confession musulmane, ou perçus comme tel, qui vont payer la facture” Yasser Louati, porte-parole du CCIF.

“À partir du moment où le droit n’est plus appliqué, il n’y a rien qui distingue un État qui pratique le droit ainsi avec un État totalitaire” Me Bolaky Samim, avocat de BarakaCity.

Que faire pour atteindre l’opinion publique ?

La première chose à faire est de rester sans peur malgré ce qui se déroule sous nos yeux. La communauté étant innocente de toute accusation, les injustices seront d’autant plus faciles à défendre. Les victimes ne doivent surtout pas rester dans le silence. Elles doivent faire connaître leur situation pour permettre aux organismes de défense, tel que le CCIF, de les défendre et de les assister.

Aussi, les réseaux sociaux étant d’une aide précieuse, les victimes doivent partager un maximum de photos et de vidéos de ce qui leur est arrivé. Un bon moyen de faire connaitre leur situation auprès du plus grand nombre, de créer des preuves, et d’enrichir le recensement des actes abusifs. L’utilisation de hastag tel que #Perquisition ou #Étatdalerte, sont d’une très grande aide pour le recensement.

Enfin, un fichier a été créé dans le but de recenser toutes les perquisitions qui ont lieu dans ce cadre en France. Les victimes, comme les témoins, peuvent remplir et compléter ce fichier qui est mis à la disposition de tous. Fichier accessible ici.

“On est pris entre le deuil et les perquisitions, et ensuite entre les amalgames et les raccourcis scandaleux. C’est pour ça qu’il faut que l’opinion publique puisse se réveiller… Concrètement, on appelle à trois moyens d’action… qui sont à l’heure d’aujourd’hui nécessaire. C’est un élan de mobilisation. C’est partager cette vidéo, parce que à l’heure d’aujourd’hui vous avez la possibilité d’être votre propre média alternatif. Relayer l’information, relayer ces témoignages. C’est surtout respecter ces personnes qui ont souffert… Deux, interpeller le ministère de l’intérieur quant à ces abus. Et l’interpeller par la voix de ce peuple qui est en train de dire que c’est trop. Que les musulmans ont beaucoup trop souffert d’une stigmatisation … que ce n’est pas quelque chose de tolérable. Trois, une assistance, un accompagnement et un rappel de vos droits par le biais du CCIF qui sont très compétents en la matière” Idriss Sihamedi, président de BarakaCity.

Une très bonne initiative de la part de BarakaCity, qui invite à partager un maximum leur vidéo sur l’état d’urgence. Un documentaire qui nous laisse malheureusement entrevoir ce que doit être la situation et/ou état psychologique des plus de 1 000 victimes de l’état d’urgence.

baraka city 2

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