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Le génocide des Birmans musulmans passé sous silence !

Par RZ

Publié le 12 août 2014
Rubrique : Actualité

Personne ne comprend exactement pourquoi autant d’horreurs et de haine règnent parmi les Birmans à l’égard des minorités musulmanes. Personne ne sait vraiment quelle est la véritable source du problème. Le fait est qu’en Birmanie et dans les pays voisins, la haine xénophobe et raciale fait de nombreuses victimes et détruit l’avenir de tout un peuple. Le tout face à l’incompréhension et l’indifférence du monde.

« Lorsque j’ai pénétré le village Nasih, j’ai découvert les Rohingyas. Certains avec la peau sur les os, des marchés parcimonieux, des enfants sans sourire, cernés et le ventre arrondi par la faim, des regards d’une détresse déchirante. Et surtout des silences et des regards apeurés. C’était une Birmanie très éloignée de celle que j’avais découverte jusque-là. Une misère comme nulle part je n’en avais vu encore. Ce fut un premier choc, une première révélation et le début d’un œil attentif à la situation des Rohingyas. » Sophie Ansel, auteur de « Nous, les innommables, un tabou Birman », dans un interview pour Saphirnews.

Qui sont les Rohingyas ? Sont-ils Birmans ?

Les Rohingyas sont une ethnie vivant dans l’Arakan. Une région se situant au sud-ouest de la Birmanie. Ils représenteraient 40 % de la population s’y trouvant. Les Rakhines sont l’ethnie majoritaire qui partage cette région. Les opinions en ce qui concernent les origines des Rohingyas divergent. C’est d’ailleurs l’un des arguments qu’utilisent les autres Birmans afin d’attiser les sentiments xénophobes. Les Rohingyas sont présentés comme étrangers. Des bengalis ayant migré en Birmanie durant la période coloniale britannique. Les concernés affirment quant à eux être Birmans, originaire de l’Arakan, présent sur ce sol depuis des siècles.

Pourquoi y a-t-il des « tensions » entre les bouddhistes et les musulmans ?

Les persécutions contre les Rohingyas auraient toujours existées. Elles étaient beaucoup moins présentes sous l’occupation britannique qui a permis aux Rohingyas de souffler et d’être reconnaissants et fidèles aux colonisateurs. Mais ils ont payé très cher le prix de cette fidélité après la 2 ème guerre mondiale en se faisant massacrer par milliers par les Birmans et les Japonais.

Actuellement, les diverses tensions naissent à cause de faits divers, souvent non vérifiés. Celles ayant fait le plus de dégâts et de victimes, en juin 2012, ont été déclenchées par le viol d’une jeune fille bouddhiste, supposé par des musulmans. Ce malheureux fait divers a engendré la fuite de 90 000 Rohingyas, la destruction de milliers de maisons, et la mort de plus d’une centaine personnes. Toutes ces exactions se sont produites sous les regards passifs des policiers et de l’armée Birmane. À cela se sont ajoutées des arrestations avec tortures et emprisonnements de nombreux hommes Rohingyas.

D’autres heurts ont eu lieu par la suite, en juillet et en octobre de la même année. Ils ont augmenté le bilan à plus de 200 morts et 140 000 déplacés. Toujours sans réaction du gouvernement. Si ce n’est une commission d’enquête gouvernementale dite indépendante pour expliquer l’origine des émeutes.

Un fait divers ne peut être la cause d’un aussi grand bain de sang. La vraie cause de ces tensions est donc plus profonde, plus ancrée dans la société Birmane : c’est l’expression de la peur et de la haine des bouddhistes Birmans face aux musulmans.

Pourquoi autant de racisme à l’encontre des musulmans et des Rohingyas en particulier ?

Les musulmans en Birmanie sont un sujet tabou. De nombreuses rumeurs, graves et imprégnées de haine, circulent au sein des bouddhistes. L’origine des Rohingyas en fait partie, étayant les discours d’une invasion de musulmans sur le sol Arakanais et Birman. Il y a une très forte peur du musulman, beaucoup de mépris et de rejet. Cette haine est quasi unanime en Birmanie.

Les Rakhines estiment que l’Arakan leur appartient, et de ce fait, que les terres Rohingyas sont les leurs. Toutes ces rumeurs toxiques sont alimentées, notamment par des moines bouddhistes qui œuvrent pour chasser ou pire, exterminer les Rohingyas. Ceci est vrai non seulement en Arakan, mais également dans toute la Birmanie.

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Comment vivent les Rohingyas actuellement ?

On trouve des Rohingyas en Birmanie, mais également dans les pays voisins où ils ont fui. En 1982, une loi a retiré la nationalité birmane aux Rohingyas. Ils sont non seulement étrangers dans leur propre pays, mais également apatrides. Dès lors, ils ont été dépourvus de droits fondamentaux comme la propriété, le mariage, l’éducation.

Aujourd’hui, de ce qui reste des villages Rohingyas en Birmanie, un couvre-feu a été imposé leur interdisant de sortir entre 18h et 6h du matin. Il est de même dans les camps de Rohingyas où les étrangers n’ont pas le droit d’y entrer. Les Rohingyas ont obligation de ne pas sortir d’un périmètre précis, sous la surveillance des policiers et de l’armée. Ce qui rend la communication avec le reste du monde très compliquée et surtout très risquée.

Tout cela sans aide, ni assistance. Ils sont affamés, malades, vivant dans des situations sanitaires déplorables, enfants et personnes âgées comprises… Quand ils parviennent à fuir, ce qui n’est pas évident lorsqu’on les emprisonnent de la sorte, ils se heurtent encore à d’autres problèmes, d’autres rejets à l’extérieur, souvent repoussés aux frontières.

Au Bangladesh, ils sont des dizaines de milliers à vivre dans des camps illégaux, inaccessibles et insalubres. En février, la Thaïlande a renvoyé 1 300 réfugiés Rohingyas en Birmanie, le pays qu’ils ont fui pour persécution. Dans ce même pays, un autre scandale a fait surface il y a peu de temps : la BBC révélait en janvier 2013 que les autorités thaïlandaises étaient impliquées dans des trafics d’êtres humains Rohingyas. Alimentant ainsi des réseaux d’esclavages et de trafics d’organes. Peu de voix se sont élevées jusqu’à peu de temps…

Quelle est la position de l’État Birman, des acteurs politiques, et de la communauté internationale ?

En Birmanie, très peu de personnalités politiques ou de dissidents osent prendre parti et dénoncer les massacres commis de peur de se mettre à dos la plupart de la population et des dirigeants, tant l’islamophobie et la xénophobie font la quasi-unanimité. Le silence assourdissant de la prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kiy, est un exemple. Elle ne s’est que très peu exprimée à ce sujet. Elle a seulement demandé un changement de constitution pour régler le problème. Alors qu’elle était l’un des derniers espoirs des Rohingyas pour améliorer leur misérable condition.

Le président Birman Thein Sein, a déclaré en juillet 2012 : « Il n’est pas possible d’accepter les Rohingyas entrés illégalement, qui ne sont pas de notre ethnicité ». Par la suite, il y a eu une manifestation des moines pour soutenir leur président en septembre 2012, après les affrontements de juin et juillet 2012. Cependant, lors d’une conférence à Pragues sur les droits de l’homme, le Dalaï Lama leur a adressé un message : « À ces moines Birmans en colère à l’égard de nos frères et sœurs musulmans, je demande : rappelez-vous, s’il vous plaît, la foi bouddhiste », « Je suis sûr (…) que ceci protégerait ces frères et sœurs musulmans qui en deviennent victimes ».

Au niveau international, des voix s’élèvent pour dénoncer les exactions commises sur les Rohingyas sous les yeux de l’État. Des personnes vont jusqu’à dénoncer une intention d’extermination de cette ethnie. Il s’agit en tout cas de l’un des peuples les plus persécutés au monde, d’après l’ONG Human Rights Watch. Plusieurs organisations et associations travaillent pour alléger leur misère demandant à chacun d’entre nous d’accomplir son devoir humain.

Quelques infos sur la Birmanie, ou Myanmar :

    • Pays voisins : Thaïlande, Laos, Chine, Bangladesh et l’Inde.
    • Superficie quasi identique à celle de la France (700 000 km²).
    • Capitales : Naypyidaw (politique) et Rangoun (économique et plus grande ville).
    • Ancienne colonie britannique.
    • 1962 : coup d’état militaire, la Birmanie devient une dictature militaire.
    • Révolution du Safran de août à septembre 2007 : mouvement pacifique et national de protestation de moines bouddhistes, réprimé par l’armée.
    • Personnalité connue au niveau international : Aung San Suu Kiy, femme politique, prix nobel de la paix, et figure de l’opposition non-violente à la dictature militaire, actuellement député.
    • Situation politique actuelle : relative libéralisation du pays depuis 2011

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