J’ai couru un marathon avec mon hijab ! (chronique)

Par Houda
Publié le 16 Avr, 2016

Allongée sur mon lit, je contemplais les rayons de soleil qui s’infiltraient à travers la vitre. Heureusement que ce lundi est férié, sinon j’aurai été incapable d’assister au cours, après le marathon d’hier… Ce n’est pas une métaphore, je suis une passionnée de course.

Je devrais songer à encadrer la photo posée sur le bureau. J’aime beaucoup le sourire de mes parents dessus. D’ailleurs, j’ai l’habitude de les voir en vidéo chaque week-end. Je les appellerai après avoir pris mon petit-déjeuner. Ma famille me manque tellement, il y a des soirées où j’ai vraiment envie de fermer les yeux et de les ouvrir pour me retrouver à la maison. Ça fait 3 ans que j’étudie ici, en France, je peux dire que je me suis habituée au rythme de vie ici, hormis le climat… Le beau temps me manque un peu (voire beaucoup !).

À l’époque, j’étais venue avec une seule idée en tête : obtenir mon diplôme. Je ne voulais en aucun cas décevoir mes parents et je me disais que le fait de limiter ma « vie sociale » au strict minimum me pousserait à donner plus côté études… Ça, c’étaient les résolutions prises dans l’avion… Ma nature a pris le dessus ! Je suis une personne qui aime faire connaissance avec les gens, échanger et discuter sur des sujets divers et variés… J’ai toujours été comme ça, et j’ai su me faire respecter comme je suis. Mais je craignais qu’en changeant de pays (et éventuellement de culture) ça soit plus délicat à gérer… Bon, pour le moment, ça a l’air d’aller !

J’ai fait connaissance avec plusieurs étudiants, maghrébins, français, africains… Pour ma part, cette diversité est une grande richesse et du moment qu’on me respecte, j’en suis ravie ! Ce n’est pas parce que je suis une fille voilée que je devrai rester dans mon coin et m’isoler des autres…

Une amie m’avait dit, un jour que lorsqu’on quitte notre pays pour vivre ailleurs, que ce soit de façon définitive ou juste pour faire ses études, on devient ambassadeur de son pays. Représentant sa culture et ses principes… Alors quand, en plus, on est musulmane dans un pays européen, c’est une double mission : bien représenter son pays et participer à corriger l’image erronée donnée à sa religion…

Un mois après mon installation ici, j’ai pensé qu’un peu de sport ne serait que bénéfique pour ma santé et mon moral. Mais j’ai eu du mal à trouver une salle de sport dans laquelle je pourrai m’entraîner avec mon voile et avec une coach-femme. J’ai failli renoncer à l’idée, mais un matin, j’ai eu envie de sortir prendre l’air. J’ai marché longuement, puis je me suis dit qu’au lieu de chercher une salle de sport, je ferai de la marche. Et pourquoi pas de la course à pieds. Bingo !

J’avais réussi à trouver une belle tenue de sport, une paire de chaussures confortables, et une bonne dose de motivation. C’est toujours difficile de commencer quand il ne fait pas beau, en plus ! C’était parti, au début j’étais fatiguée, mais par la suite j’étais devenue accro. C’était vraiment incroyable, même avec une semaine chargée, j’arrivais à libérer une heure pour le faire. Et en plus ça me relaxait énormément. Surtout au moment des examens, et lorsque j’avais un peu le mal du pays…

En me voyant courir fréquemment, ma voisine d’en face avait eu la gentillesse de me parler du semi-marathon qu’organise la ville chaque année. Au début, j’ai douté de ma capacité à le faire. Après tout, ça sera la première fois que je devrais courir une si longue distance. Mais en visitant la page Facebook réservée à l’événement, j’avais découvert que beaucoup de personnes comptaient y participer pour la première fois. Pourquoi pas moi, alors ? J’étais heureuse de faire les 10 km (je les ai tout de même difficilement terminés, surtout vers la fin !) mais je m’améliore de jour en jour et j’y prends plaisir surtout.

Les gens étaient surpris en me voyant courir (Ben oui, une fille voilée, ça ne fait pas de sport, ça ne vit pas, c’est une extra-terrestre !). D’autres me félicitaient pour mon « courage ». Moi j’étais seulement satisfaite de ce que je faisais. Ça me faisait du bien et je ne comptais pas m’arrêter… D’ailleurs vivement le prochain marathon !

Dans la même catégorie : 

0 commentaires

Laissez un commentaire !

Pin It on Pinterest

Share This