C’est comme un rêve. Un musulman a été élu maire d’une grande ville Européenne. On est heureux, on partage l’information avec joie. Sauf que Sadiq Khan n’est pas seulement musulman. Il a aussi des idées dites progressistes au regard de l’islam.

Un symbole d’union

En Angleterre, Sadiq Khan c’est un homme au parcours inspirant. En effet, fils d’immigrés, son père est chauffeur, sa mère couturière, il a vécu dans un HLM à Londres. Il a fait des études de droit, et est devenu avocat spécialisé en droit de l’homme. Puis, il a commencé une carrière politique en 2005. Il a été élu député, puis réélu. Ensuite, il a été secrétaire d’état à deux reprises. Après quoi il a été ministre, et maintenant Maire de Londres avec près de 44 % de voix.

Son programme est clair, il compte s’attaquer à la problématique des logements à Londres qui sont insuffisants ou dont les loyers sont très chers. Il veut rendre beaucoup plus accessible les transports en commun d’un point de vue financier, mais aussi pratique. Il veut s’attaquer à la question de l’extrémisme ainsi que des violences qui y sont liées. D’un point de vue économique, il veut aider les entreprises, créer des emplois, et s’assurer que les londoniens les plus démunis reçoivent le minimum vital. Et enfin, il veut rendre Londres plus verte, en faisant d’elle une ville où il fait bon vivre.

Jusque-là super programme. Sauf Sadiq Khan est aussi apprécié pour ses idées dites progressistes au regard de l’islam. En effet, il défend le mariage homosexuel, il a d’ailleurs voté une loi en 2013 dans ce sens. Et puis d’un autre côté, il remet en question le droit du port du voile sous certaine forme. Et ce, alors même que la femme musulmane est libre de le porter en Angleterre. Cette idée lui vaut d’ailleurs le doux mot apprécié des femmes : “féministe“.

Sadiq Khan, laïcité et la France

Sorti de tout contexte progressiste, du côté de la France “laïque” le débat a été orienté sur une seule chose : Sadiq Khan est “musulman”. Son parcours de vie, son mérite, ses réussites politiques, et son image auprès des Anglais n’ont eu aucun intérêt pour la plupart des médias français. La France se retrouve une fois encore face à son paradoxe. Elle se dit laïque, mais elle se rend compte qu’elle ne l’est pas tant que ça. Elle dit prôner des valeurs de “liberté, d’égalité et de fraternité” mais se rend compte que finalement il n’y a pas beaucoup de représentants politiques issus des minorités en France. Elle dit respecter le choix de chacun en terme de confession, mais discrimine et stigmatise une fois encore du fait de la confession.

tweet sadiq khan

Une nouvelle donc au goût amère. D’un côté une preuve d’humanité, de l’autre un sentiment de manipulation… Voyons au moins le bon côté des choses, cette élection remet en question la définition de la “laïcité” à la française…

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