Ce qui est rassurant lorsque nous parlons de racisme, c’est que nous ne naissons pas racistes. Le cours de l’histoire nous l’a démontré. Malcolm X, Gandhi, ou encore Martin Luther King ont réussi à bouleverser l’ordre établi, et faire en sorte de rendre à nouveau « humain » ces humains qu’on ne considérait plus comme tel. 

Un climat épris d’injustice

L’islamophobie, aujourd’hui, est au centre des débats. Tous les jours, les médias enveniment un peu plus la situation en rapportant des faits, et en stigmatisant les musulmans. On assiste ainsi à une montée du racisme à l’égard des musulmans. Ce racisme qui peut aussi se rapporter à nos origines se manifestant notamment dans le secteur du travail, crée une atmosphère difficilement supportable. Nous aimons, en tant qu’être humain, jouir des mêmes droits que l’autre. L’injustice à laquelle nous devons faire face ne peut nous laisser insensible. Nous avons envie de nous dire « pourquoi pas ? », « pourquoi Abderrahmane ne serait pas pareil que Jean Luc sur le CV ? ».

Comme Einstein l’avait affirmé : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé ». Améliorer, et faire changer les choses, demandent du temps. En basant sa perception de l’autre sur des préjugés, et des clichés, le raciste ancre en lui une haine envers cet autre qu’il ne comprend pas. Cependant, nous n’avons pas le droit de perdre espoir, rien n’est impossible. L’expérience et l’histoire ont permis de développer une sensibilité face aux diverses formes de racisme qui peuvent être sanctionnées. Nadine Morano en parlant de « race » blanche, a réussi à faire parler d’elle dans les médias. Des termes utilisés au XIXème siècle pour classifier les peuples selon des critères morphologiques par exemple, ne sont plus acceptables aujourd’hui. Armons-nous donc de patience, mais non d’acceptation.

Soyons actives

Tout comme la génétique a réussi à anéantir cette idée de « race », n’y a t-il pas de solutions pour détruire ce rejet de l’autre basé sur son appartenance à une religion, ses opinions, son origine ? Des organismes tels que le CCIF (collectif contre l’Islamophobie en France), ou d’autres combattant le racisme, peuvent nous aider à dénoncer des actes de dicrimination, et ainsi faire justice. Il est important pour nous de nous instruire, nous éduquer, pour faire valoir nos droits.

Aussi, débattre avec l’autre et rester ferme sur ses positions, peut être une solution pour faire changer sa perception des choses, en lui permettant de se remettre en question. Mener des campagnes contre le racisme sur les réseaux sociaux, peut être une autre solution. La subtilité dans ce type d’actions, est qu’elles ne doivent pas inciter à la haine, mais plutôt être basées sur une indignation, une dénonciation et une réclamation. Le but est de faire comprendre à l’autre, et de l’inciter à l’acceptation mutuelle. Il n’est pas supérieur ou inférieur, il n’est pas dominant ou dominé. Nous sommes « libres et égaux en droit » et ces critères de distinction ne sont qu’illusion.

Inciter à l’éducation, aux études

Se mettre des barrières, se dire que nous n’avons aucune chance de pouvoir avoir les mêmes possibilités que les autres à cause de nos origines, ou nos idées, est une grosse erreur. Il est important de ne pas s’enfermer dans certains préjugés. Certaines entreprises seront discriminantes, d’autres non. Actuellement, concernant le voile, il est clair que la balance penche plus d’un côté que de l’autre, mais il ne faut jamais perdre espoir et continuer de s’instruire. Par ailleurs, il est primordial d’inciter les jeunes à étudier, à poursuivre leurs rêves. Les inciter aussi à voir des possibilités, des opportunités et non des freins ou des obstacles. Un exemple concret reste les collèges ZEP. Beaucoup d’élèves, à majorité d’origine étrangère, vous diront qu’ils n’ont pas d’espoir, ont peu d’ambition quant à leur avenir. Pourtant, ces mêmes élèves ont d’énormes capacités. Nous devons donc, les aider dans leur parcours, les valoriser et leur redonner cette envie de poursuivre leurs rêves. Un bon moyen est d’avoir des modèles, des exemples de réussite à leur présenter. Ces « bons » élèves d’aujourd’hui seront des modèles plus tard, des pionniers du changement. Lorsque nous sommes instruits, lorsque nous comprenons, nous acceptons difficilement l’injustice.

Entreprendre

Pour celles qui ont de grandes ambitions, des rêves, des idées à concrétiser, pourquoi ne pas tenter l’entrepreneuriat ? Certes, ce n’est pas une tâche facile. Se lancer dans la construction de sa propre entreprise demande de l’engagement, de la détermination et certains sacrifices, mais beaucoup de possibilités s’offrent à nous. C’est l’occasion de créer des entreprises basées sur un système plus juste où nous ne faisons pas de distinction quant à des critères erronés. Nous ouvrons ainsi le champ d’opportunités, nous construisons des chemins que d’autres pourront emprunter.

L’autre, qui est-il ? Connaissons-nous l’autre ?

Souvent, être victime de racisme nous pousse à agir de façon réciproque. Nous nous enfermons ainsi dans une bulle et nous généralisons. Il ne faut jamais généraliser : personne n’est identique. Notre réaction lorsque nous sommes vicitme du racisme est révélateur de notre for intérieur. Pour éviter de développer des idées à tendance racistes, nous devons apprendre à connaître l’autre, sa culture, sa façon de vivre. Une bonne manière d’ouvrir son esprit est de voyager, lire, s’instruire sur cet autre, sur cet inconnu. Plus nous apprenons, et moins nous jugeons. Confronter l’autre à notre situation peut impacter sur sa vision des choses.  Dans son récit autobiographique « Dans la peau d’un noir », J.H. Griffin, nous rapporte son expérience : après s’être noirci la peau grâce à des pratiques médicales, il se confronte à la vision du « blanc ». Les résultats sont consternants, il a pris conscience de l’injustice et de la ségrégation auxquelles ils faisaient face. Se mettre à la place de l’autre et s’imaginer dans sa situation peut bouleverser les tendances.

Bobby Seale l’avait dit : « Vous ne combattez pas le racisme avec le racisme, le meilleur moyen de combattre le racisme est avec la solidarité ». Nous sommes tous des êtres humains avec nos faiblesses, nos soucis et notre vécu. En se fraternisant, et se solidarisant avec l’autre, nous échangeons, l’autre apprend à nous connaître et à nous respecter. Le Prophète saws, qui avait le meilleur comportement, agissait toujours avec tolérance et respect envers l’autre. Aussi, aujourd’hui, nous pouvons constater les fruits du mixage culturel : plus il y a de mélange, plus il y a d’interactions entre les cultures et plus on accepte l’autre.

Ce qui est normal aujourd’hui pourra être anormal dans l’avenir. Le tout c’est de craindre Dieu, non les gens, et garder cette confiance en Lui. Dans les générations futures, de nouveaux chefs d’entreprise, n’auront pas la même aversion vis-à-vis des « blacks », des « arabes » ou « des filles voilées »…

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